| Pour le libre accès aux Centres d'enfermement |
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« Dans la plupart des pays occidentaux, l'accès aux lieux d'enfermement des migrants est strictement encadré. En France, seuls les parlementaires et quelques associations sélectionnées par appel d'offres peuvent entrer dans les centres de rétention administratives (CRA), où sont enfermés les étrangers en instance de reconduite à la frontière. À de rares exceptions près, les journalistes et militants sont interdits de visite (Carine Foureau, MIgreurop) ». Tel était le propos de la réunion organisée par Migreurop et European Alternatives. La matinée a commencé par un « état des lieux » de l’accès aux lieux de rétention en Europe (Bulgarie, Belgique, Italie, Grande-Bretagne, Espagne, notamment). D’une façon générale, tous dénoncent l’aggravation des situations avec l’application de la directive retour, tous soulignent l’usage punitif de la rétention (et non pas seulement la privation de liberté). La directive est floue sur les questions d’accès aux centres et donne lieu à des interprétations variables selon les pays, et le plus souvent très restrictives, avec nécessité d’autorisations préalables, souvent refusées. C’est l’arbitraire qui prédomine avec des autorisations au compte-goutte et au cas par cas. (NB. Situation plus favorable en Espagne, mais qui pourrait être remise en cause par le passage probable à Droite) Actuellement les journalistes sont contraints à des entrées clandestines pour voir ce qui se passe. Par ailleurs certains militants ont mentionné qu’il était difficile de mobiliser les journalistes sur ces questions qui n’intéressent qu’une petite minorité d’entre eux. Les deux associations qui sont à l’initiative de cette réunion entendent donc lancer en 2012 une grande campagne sur le libre accès des journalistes et des associations (et pas seulement des rares grandes associations ayant accès aux centres) aux lieux de rétention, avec pour objectif de faire connaître les situations aux citoyens et de reléguer la parole des retenus. Il y a eu discussion pour savoir si la position traditionnelle de Migreurop qui est la suppression de tous les centres de rétention était compatible avec une campagne où on demanderait un droit de regard sur ces lieux… Un consensus semble se dégager sur le fait que l’objectif ultime de cette organisation reste la suppression mais que pour atteindre cet objectif il faut d’abord mieux connaître ce qui se passe dans ces lieux. Il faut pouvoir faire davantage de visites, étalées dans le temps. La campagne de 2012 exigera donc un droit de regard sur et dans les centres pour les représentants élus des citoyens, pour les journalistes et pour toutes les associations, au nom du respect des droits fondamentaux des retenus, du droit à l’information des citoyens, de droit des retenus à voir leur parole entendue. La campagne vise une forte sensibilisation de l’opinion publique. Dans tous les pays de l’Union européenne, elle prendra la forme d’une semaine (plus probablement que d’une journée) de mobilisation des journalistes, parlementaires, élus locaux et associations pour recueillir et diffuser des informations sur les centres, à partir de visites de tous les opérateurs. Un séminaire-bilan sera organisé. Par ailleurs, dans l’article 16 de la directive retour il est mentionné qu’un rapport sur la rétention devra être produit en 2013. Il faut donc anticiper et produire de la connaissance à mettre à disposition des rédacteurs du rapport. Nous avons participé aux interventions de la matinée. On y a très peu parlé des observatoires des CRA. Une personne de l’observatoire de Cornebarrieu a témoigné des très mauvaises conditions de rétention dans ce centre et de la surveillance maladive qui y règne (130 policiers, 130 caméras vidéo pour 125 retenus). Un ancien retenu de Vincennes a rappelé que les conditions des CRA étaient pires que celles des prisons où les droits en matière de santé par exemple sont mieux respectés que dans les CRA. Au nom de l’observatoire du CRA de Palaiseau, nous avons rappelé qu’il fallait encourager la constitution d’associations de proximité, telles les observatoires parce qu’elles constituent, actuellement, le principal moyen de rassembler de l’information auprès des retenus et, par leur proximité avec les citoyens, sont un maillon essentiel de l’information du public. Conclusion, Il serait très intéressant que l’idée d’un « événement », ébauchée lors de la dernière réunion de l’observatoire, s’insère dans ce projet de semaine de sensibilisation. Nous pourrions profiter d’un effet d’amplification donné par une campagne nationale et même européenne et nous pourrions apporter une contribution appréciable à la campagne elle-même.
Thérèse Locoh et Claire Lafore Observatoire citoyen23 octobre 2011 |



